Les émeutes

26 et 27 mai : deux jours d’émeutes

 

La Guadeloupe saigne !   

Une grève d’ouvriers réclamant 2% d’augmentation s’achève dans un bain de sang. Tout commence devant la chambre de commerce. Ils sont plus d’un millier d’ouvriers à espérer une issue favorable à leur demande. A l’intérieur les négociations vont bon train.  Le climat est extrêmement tendu. Quelques militants du Gong (Groupe d’Organisation National de la Guadeloupe) sont présents parmi les grévistes pour soutenir ceux qu’ils comptent aussi comme des amis.

En début d’après-midi, un des représentants des ouvriers annonce à la foule de manifestants qu’une parole a été prononcée avec arrogance : « Quand les nègres auront faim, ils reprendront le travail ! ». La parole enfle comme une tornade. La foule se dresse comme un seul homme. La délégation patronale qui se croit menacée fait appel aux forces de l’ordre. Et l’inévitable va se produire. Jets de pierres, conques à lambi et autres projectiles contre bombes lacrymogènes et tirs dans la foule… Ces violents affrontements finiront par un bain de sang !

Aux balles à blancs se succèdent des balles réelles. Le préfet ordonne de tirer. Et on tire sur des hommes qui réclament une bouchée de pain et la justice pour tous. La première victime se nomme Jacques Nestor. Et comme par hasard, c’est un militant du GONG. Est-ce un hasard ? La Guadeloupe se relèvera traumatisée par deux jours d’émeutes indescriptibles.

Les 26 et 27 mai restent gravés dans la mémoire d’une Guadeloupe qui ne s’est toujours pas remise d’un tel traumatisme. Beaucoup de Guadeloupéens, se sont murés dans un long silence, et n’ont toujours pas pu faire le deuil par peur des représailles.

Un Pé Sek nourri par une crainte qui les étrangle encore et encore ! Les morts sont très nombreux. Certains évoquent le nombre de 87, voire une centaine. Parmi eux : Camille TaretGeorges Zadigue, Gildas Landre, Pincemaille, Tidace, Fengarol et bien d’autres